Mélissa Ruffault, céramiste

Rencontre

Mélissa Ruffault, céramiste

RENCONTRE AVEC :

MÉLISSA RUFFAULT, CERAMISTE

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Mélissa, je viens de Bretagne. Cela fait 7 ans que je suis installée dans le Pays Basque. J’ai une formation de styliste-modéliste dans la confection de vêtement.

J’ai découvert la céramique il y a quelques années. C’était un métier que je ne connaissais pas mais j’ai tout de suite su que j’allais adorer ! J’ai commencé par suivre quelques cours de loisir pendant ma grossesse avant de me lancer il y a trois, quatre ans.

(Laurie : Je lui dis que moi aussi j’étais enceinte lorsque j’ai commencé à faire des croquis d’espadrilles. S’en suit alors une réflexion sur la maternité et la recherche d’un nouvel équilibre).

La maternité change ta perception des choses. Ta vie va changer pour le mieux et tu as envie que tout soit connecté, d’être heureuse à la fois dans ta vie personnelle comme dans ta vie professionnelle.

Comment s’est construit ta relation au Beau ?

J’ai toujours aimé le Beau, je n’ai pas appris à l’aimer. A l’adolescence, j’aimais les beaux vêtements, les objets, l’architecture. Ce n’est pas une question de prix mais de style.

J’ai toujours eu l’œil attiré par une femme qui avait une belle allure dans la rue. Comme quand tu rentres dans une maison, il y a un charme, une atmosphère, quelque chose qui se dégage.

(Laurie : Comme chez elle, où l’ambiance est chaleureuse et où l’on sent que chaque objet a une âme).

De l’idée à la conception d’un projet, comment s’articule ton processus créatif ?

Tout commence par un croquis. Je ne m’applique pas vraiment, c’est une forme globale que je dessine en un seul trait. Cela m’aide à construire ma pièce, à avoir la ligne directrice.

L’inspiration vient de tout. J’aime beaucoup les courbes. D’ailleurs, tout est dans la rondeur chez moi : mon écriture, mon coup de crayon est rond…

Quelle est ton histoire avec le Pays Basque et qu’est-ce qui te touche particulièrement ici

J’étais venue quelques fois en vacances dans le Pays Basque et j’ai des souvenirs d’enfance.

Je suis arrivée à 25 ans avec ma mère pour reprendre un hôtel dans les Landes. Le projet n’a finalement pas abouti. Alors ma mère est rentrée en Bretagne et moi j’ai décidé de rester. À ce moment-là, je ne savais pas pour combien de temps j’allais rester. Et je ne suis jamais partie !

Ce qui me touche… J’aime cette identité forte, j’aime que les gens soient attachés à leur région, comme en Bretagne. J’aime les façades typiques avec les piments qui sèchent au soleil, les vieux papis avec leur béret.

L’océan, les montagnes, la gastronomie… C’est un cadre de vie très agréable. On vit beaucoup dehors et c’est ce qui me plait beaucoup.

Dans quelle mesure la pandémie du Covid a impacté ta vie ?

On a beaucoup de chance ici parce que nos vies sont moins impactées qu’ailleurs. Mais ce qui me manque beaucoup, c’est d’aller aux restaurants, me sentir entourée de gens…

Que t’évoque l’espadrille ?

La plage ! J’en porte quand je vais à la plage. C’est une chaussure que tu enfiles facilement. Tu n’as pas peur d’avoir les pieds pleins de sable.

Et puis, tu peux évidemment les garder aux pieds pour aller faire un tour en ville après la plage. C’est quand même un meilleur style que la tongue !

Qu’est-ce qui t’enchante dans le projet Atelier Aliénor ?

J’adore le fait que tout soit local : les matières premières, le fait de faire travailler les gens autour de toi, de préserver des savoir-faire qui sont anciens et qui ont tendance à disparaître.

J’aime le fait de me dire que quand j’achète une paire d’espadrille et je participe au projet de préservation de savoir-faire.

On a pris conscience du fait qu’ils sont précieux. On veut que ce soit fait le plus près possible. C’est quelque chose qui compte de plus en plus.

(Laurie : Je lui fais part du fait que l’atelier a beaucoup de mal à trouver de nouveaux talents alors qu’il y a de moins en moins de couturières qui y travaillent. Cela va être un réel problème d’ici quelques années pour sauver cet héritage culturel. On s’interroge toutes les deux sur tous ces métiers d’artisans qui existent et qui sont extraordinaires mais malheureusement méconnus de tous et notamment des jeunes qui cherchent leur voie.

Cela étant, on se réjouit du fait que les mentalités évoluent et que les métiers manuels soient de plus en plus valorisés par nos sociétés. Faire quelque chose de ses mains, c’est le meilleur accomplissement !)

Quel est le projet dont tu es la plus fière ? Et quels sont ceux à venir ?

Celui que je suis en train de faire pour les frères Ibarboure (restaurant étoilé et renommé du Pays Basque). C’est un beau projet et surtout un challenge parce qu’il s’agit de deux vases de format que je n’ai jamais fait avant : 65 à 70 cm de haut et 55 cm de large. Même mon four n’était pas assez grand ! Heureusement, j’ai une connaissance qui est également céramiste et qui me prête son four (on s’est d’ailleurs basé sur les dimensions de son four pour déterminer celles des vases).

Quant à mes autres projets  en cours ou à venir : tout d’abord, il faut que j’honore mes commandes !

(Laurie : Inès de la Fressange a découvert ses créations sur Instagram et a commandé les belles assiettes ci-contre. Elle a parlé du travail de Mélissa dans sa dernière newsletter qui est, depuis, submergée de commandes).

Pour retrouver les créations de Mélissa, voici les liens vers son site ainsi que son compte Instagram.

Et si vous êtes de passage sur la côte cet été, visitez son popup à Hossegor du 1er avril au 31 décembre au 40 place Pasteur.

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *