Rencontre

Rebecca Rigg, la passion de la teinture végétale

RENCONTRE AVEC :

REBECCA RIGG ET LA TEINTURE VÉGÉTALE

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Rebecca. Je viens de Londres, en Angleterre.

Après avoir travaillé dans une banque quelques années, j’ai quitté Londres pour un travail saisonnier à Val d’Isère en 2007. Cette expérience a révélé ma passion pour la vie en plein air. Un jour, j’ai entendu parler d’Hossegor. Je faisais les saisons d’hiver à Val d’Isère puis les saisons d’été ici à Hossegor, j’ai fait des allers-retours… jusqu’à ce que je rencontre mon conjoint !

Lui étant surfeur, nous avons choisi de nous installer à Hossegor il y a six ans. Et j’ai arrêté de faire les saisons d’hiver pour de bon !

Quand et comment as-tu découvert la teinture naturelle ?

Ma mère est artiste spécialisée dans le textile. Ma sœur et moi avons été exposées à son univers créatif depuis toujours, étant donné que son atelier était une pièce de la maison.

Ma passion pour les teintures naturelles n’a commencé qu’en 2015. Un jour, nous étions dans le studio de ma mère lorsqu’elle m’a offert un kit indigo. Alors j’ai commencé à jouer avec et j’ai tout simplement adoré !

Je me souviens avoir fait des essais avec des déchets alimentaires, un peu de pelures d’oignon et des choses comme le curcuma… Tout ce que nous avions à la maison ! Le résultat était si différent à chaque fois et c’était époustouflant ! C’est un apprentissage quotidien.

Quelle est la fleur ou l'extrait que tu préfères travailler ?

Ma fleur préférée est le calendula. Elle donne un bel ocre lumineux, et elle est assez facile et amusante à travailler.

L’extrait de cachou (cf “cutch” sur la photo ci-dessous) est mon colorant naturel préféré. Il provient de l’écorce d’un arbre appelé « Acacia à cachou » originaire d’Afrique du Sud, d’Australie et que l’on trouve aussi en Asie. Il se présente sous la forme d’une poudre et il permet d’obtenir un joli brun et un terracotta caramel. L’extrait de cachou est vraiment très riche en tanin.

(Laurie : notre tannerie partenaire l’utilise d’ailleurs pour le tannage végétal du cuir de la semelle et la doublure de nos espadrilles).

Peux-tu nous parler du processus de teinture naturelle ?

Pour la teinture naturelle, on peut utiliser toute une variété de colorants, par exemple des fleurs fraîches, du feuillage comme l’eucalyptus et même des herbes. On peut également utiliser des extraits en poudre, qu’il s’agisse d’une racine, d’une écorce ou d’un minéral. Enfin, il y a des colorants entiers que l’on peut trouver parmi nos déchets de cuisine comme des pelures d’oignon, des pelures de grenade, du thé. Les teintures naturelles sont partout autour de nous !

Il existe différentes méthodes de teinture naturelle, une de mes méthodes préférées est celle de la teinture par immersion.

On commence par ajouter des fleurs, du feuillage, des extraits ou déchets alimentaires directement dans un récipient. Ensuite, on le remplit d’eau et on chauffe doucement pour en extraire le pigment naturel. On ajoute ensuite le tissu dans le récipient et on laisse mijoter pendant quelques heures. C’est ainsi que l’on crée des couleurs uniformes.

On peut aussi utiliser une méthode de résistance qui consiste à plier le tissu ou à le manipuler pour créer des motifs tie & dye.

J’utilise également la méthode de la teinture en faisceau. Vous étalez votre tissu puis vous placez vos plantes, fleurs, feuilles, feuillages, extraits ou déchets alimentaires directement sur le tissu. Vous l’enroulez sur lui-même en formant une sorte de boule puis vous le placez dans un cuiseur vapeur au-dessus de l’eau chaude pendant une heure. Vous utilisez la vapeur de l’eau bouillante pour extraire la couleur naturelle. Ainsi, le colorant libère ses pigments naturels et marque le tissu là où chacun des ingrédients a touché le tissu.

Tu as choisi de t'installer à Hossegor il y a quelques années. Peux-tu nous parler de ce choix ?

Je pense qu’Hossegor est ce qui ce qui a construit Marram.

C’est travailler au contact de la Nature. C’est l’océan qui fait partie intégrante de notre vie, les forêts de pins qui lui sont parallèles. Et tout le reste.

Comment définirais-tu le succès ?

Ah c’est une bonne question ! Je pense que le succès peut se manifester de tant de manières.

Cela pourrait être le fait d’obtenir la couleur que je cherche. Et d’arriver à créer une pièce spéciale.

Cela pourrait être des projets et des opportunités qui m’ont été offerts, et de pouvoir vivre de ma passion.

Mais aussi simplement de pouvoir travailler au contact de la Nature. Je pense que cela résumerait probablement bien les choses.

Comment est-ce que tu vois évoluer Marram dans le futur ? Quels sont tes projets ?

J’aime pouvoir transmettre et partager mes connaissances.

J’aime découvrir la joie que cela donne aux autres. C’est exactement la même que celle que j’ai ressentie la première fois.

S’agissant de mes projets, nous allons commencer une période de l’année assez chargée car c’est bientôt Noël. Nous avons des salons et des événements qui arrivent.

De plus, j’ai un projet vraiment excitant qui sortira au début de l’année prochaine. C’est un peu top secret pour le moment, mais cela me tiendra bien occupée les prochains mois !

Photos : Marram

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